Le rĂ©alisme n’est pas une imitation, Jeremy Lipking nous Ă©claire
Publié par TB dans: Arts graphiques | Inspiration
Le 28 février 2010, 317 visites
Toujours en quĂŞte d’un peintre de notre temps, j’ai dĂ©couvert rĂ©cemment « Jeremy Lipking ». Un jeune artiste remarquable et dĂ©jĂ très en vogue de par la qualitĂ© de son Ĺ“uvre. RĂ©compensĂ© Ă juste titre de très nombreuses fois, il a su se faire connaitre au travers de diffĂ©rentes publications de livres et de magazines d’art et s’imposer lors de nombreuses expositions. Son Ĺ“uvre est très riche et la qualitĂ© de sa technique Ă©poustouflante. RĂ©alistes, parfois Ă la limite de l’impressionnisme, il traite ses Ĺ“uvres avec force et intuition. J’aime ses peintures et la simplicitĂ© de ses thĂ©matiques. Ses tableaux sont beaux, tout simplement !

Dans un laps de temps relativement court, « Jeremy Lipking » s’est imposĂ© comme l’un des premiers artistes rĂ©alistes de son temps. Son talent, qui rivalise avec les peintres rĂ©alistes de la fin du XIXe siècle tels « John Singer Sargent », « Joaquin Sorolla » ou encore « Anders Zorn », est remarquable pour un peintre de notre Ă©poque. Il est d’autant plus remarquable car il n’a que trente ans. Comme ces grands peintres du passĂ©, « Lipking » est un artiste virtuose. Ses toiles nous Ă©blouissent d’une aura presque magique, Ă©mergeant hors du cadre pour nous convaincre d’un sentiment de rĂ©alitĂ©.

Le rĂ©alisme a Ă©tĂ© mal compris durant tout le vingtième siècle et perçu comme un art d’imitation. En vĂ©ritĂ©, quand elle est pratiquĂ©e par un peintre comme « Jeremy Lipking », la peinture rĂ©aliste est une force crĂ©atrice puissante. De nombreux spectateurs sont attirĂ©s par son art, pensant que cela ressemble Ă une photo. En fait, la vision « Lipking » est Ă l’opposĂ©e de ce qu’un appareil photo fait. Une photographie tend Ă aplatir l’image et rĂ©duit toutes les relations de couleur et d’ombre Ă une structure mĂ©canique rigide et lisse. Les compĂ©tences techniques de « Lipking » rĂ©sident dans sa capacitĂ© Ă sonder l’intĂ©rieur et le contour de son sujet. Avec un regard très sensible, il voit des nuances picturales et la teinte que l’appareil photo et la plupart des gens ne pourront jamais voir. Plus incroyable, il est capable de traduire sa vision très nuancĂ©e dans une image peinte. « Lipking » a une vraie maĂ®trise picturale. En voyant un de ses tableaux, vous entrez dans l’univers qu’il a créé. Comme tous les grands peintres rĂ©alistes, il a la capacitĂ© Ă gĂ©nĂ©rer de puissantes fictions aux limites du rĂ©el.

J’ai eu le plaisir de regarder « Lipking » peindre Ă de nombreuses occasions. L’expĂ©rience est Ă la fois enivrante et dĂ©routante. « Lipking » commence ses toiles sous une forme Ă©tonnamment lâche d’un point de vue pictural ; c’est quelque chose que je n’aurais jamais cru. Il fait des premières touches pour trouver l’ampleur et les proportions de son sujet. Puis, il couche un premier Ă©ventail de couleurs pour capter les nuances et la teinte souhaitĂ©e. Ă€ ce stade, ses tableaux semblent presque abstraits, faits d’un ensemble de formes aux couleurs unies. « Lipking » traite sa toile au pinceau, d’un geste que j’aime appeler : touche ouverte. Ce que je veux dire, c’est que « Lipking » applique de la peinture par petites touches ici et lĂ , laissant souvent des zones de toile vide. Peu Ă peu, les zones ouvertes sont complĂ©tĂ©es, la crĂ©ation prend ainsi sa forme. D’une façon curieuse, la mĂ©thode est un peu comme celle de CĂ©zanne. Alors que CĂ©zanne insistait sur la discontinuitĂ© de ses coups de pinceaux, « Lipking » travaille quant Ă lui avec des nuances très proches les unes des autres, de sorte que le rĂ©sultat est comme un voile transparente de couleur.

La magie se produit dans la finition. Comme il avance, il affine progressivement chaque zone, complĂ©tant habilement les relations de couleur par l’ajout de petites touches prĂ©cises, structurant ainsi le tableau. Il apporte diffĂ©rents dĂ©tails très visuels et complète la finition en utilisant parfois le couteau. D’autres zones sont laissĂ©es vagues et indĂ©finies. PartagĂ© entre la prĂ©cision et l’esquisse Ă peine visible, la peinture s’ouvre littĂ©ralement et respire. C’est ce qui rend son art si rĂ©aliste. Au lieu de se figer comme des images statiques, ses toiles apparaissent avec l’Ă©nergie subtile d’une chose vivante.
Commentaire de : « Michael Zakian » , ex Directeur du musĂ©e d’art F. R. Weisman, et professeur de l’histoire de l’art Ă l’universitĂ© de Pepperdine.

J’aime assez ce commentaire (que vous retrouvez dans sa bio) car il traite enfin du véritable travail d’alchimie complexe qui est fait par tous les artistes dit réalistes. Des zones de peintures sont traitées à la manière d’une photo et avec un grand soin apporté au réalisme de l’image, puis, d’autres parties de la même toile, sont laissées à l’état d’esquisse pour rappeler que nous contemplons une peinture (regardez les toiles de B.Vallejo, les similitudes structurelles sont évidentes…).
Vous pouvez consulter son site Internet : www.lipking.com
Il édite aussi différents médias tels des livres ou des DVD, dans lesquels il nous livre ses secrets de création, sa technique et son inspiration.
